2012/05/10

Argent, Education et Respect

    C'était une Jour­née propice, dernier vendredi du mois, jour de paie pour beaucoup, le terme d'une période de besoin qui survenait invariablement en fin de mois, quelle que fût l'attention attachée aux dépenses les vingt-cinq jours précédents. Les apprentis en étaient une bonne illustra­tion. 
Lorsqu'ils avaient commencé à travailler au Tlok­weng Road Speedy Motors, Mr. J.L.B. Matekoni les avait mis en garde : il convenait de gérer ses ressour­ces avec méticulosité. Il était tentant, avait-il reconnu, d'imaginer que l'on pouvait dépenser l'argent à l'ins­tant même où il parvenait entre vos mains.
- C'est très dangereux, avait-il expliqué. Beau­coup de gens ont le ventre plein les quinze premiers jours du mois, tandis que leur estomac crie famine les deux dernières semaines.
Charlie, l'aîné des apprentis, avait échangé un regard entendu avec son jeune collègue.
- Ça fait vingt-neuf jours, avait-il déclaré. Et les deux autres, patron ?
Mr. J.L.B. Matekoni avait soupiré, mais ne s'était pas départi de son calme.
- Ce n'est pas le problème, avait-il répondu.
Il serait aisé de perdre son sang-froid avec ces gar­çons, il le constatait, mais il fallait s'en garder. Il était leur maître d'apprentissage, ce qui signifiait qu'il devait se montrer patient. L'on ne parvenait à rien en s'énervant avec les jeunes. Se mettre en colère contre un jeune, c'était comme crier sur un animal sauvage : cela le faisait fuir.
- Ce qu'il faut faire, avait donc poursuivi Mr.J.L.B. Matekoni, c'est déterminer la somme dont vous avez besoin chaque semaine. Ensuite, vous dépo­sez tout votre argent à la poste, ou dans n'importe quel lieu sûr, et vous le retirez une fois par semaine.
Charlie avait souri.
- On peut toujours prendre un crédit, avait-il lancé. On peut acheter plein de choses à crédit. C'est moins cher.
Mr. J.L.B. Matekoni avait contemplé le jeune homme.
Par doit-on commencer ? s'était-il demandé. Comment fait-on pour combler les lacunes d'un jeune ? Il y avait tant d'ignorance en ce monde , d'innombrables hectares d'ignorance semblables à des zones d'obscurité sur une carte géographique. La com­battre revenait aux enseignants et c'était pourquoi ces derniers étaient si respectés au Botswana... Du moins l'étaient-ils jadis. Mr. J.L.B. Matekoni avait remarqué, depuis quelque temps, les gens, même jeunes, estimaient que les enseignants étaient des individus comme les autres. Mais pouvait-on apprendre quoi que ce fût si l'on ne respectait pas son professeur ? Respecter quelqu'un, c'était accepter de l'écouter et de tirer les enseignements de ses paroles. Les jeunes gens comme Charlie, pensait Mr. J.L.B. Matekoni, croyaient déjà tout savoir. Eh bien, soit ! Il tenterait, lui, de leur inculquer certaines choses en dépit de leur arrogance. 

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Grace Makutsi et Mma Ramotswe n'ignoraient rien des fins de mois difficiles. 
Sur le plan financier, Mma Ramotswe avait toujours été nettement plus à l'aise que la moyenne, grâce au talent du défunt Obed Ramotswe (son père) pour repérer le beau bétail, mais elle savait la nécessité de comptabiliser chaque sou, lot quotidien de ceux qui l'entouraient.  
Rose, par exemple, la femme de ménage de la maison de Zebra Drive, n'avait pas le choix. Elle avait beaucoup d'enfants - Mma Ramotswe ignorait combien exactement - et ces enfants savaient ce que signifiait aller au lit le ventre creux, en dépit des efforts de leur mère. L'un d'eux, un petit garçon, peinait en outre à respirer, de sorte qu'il lui fallait des inhalateurs. Ceux-ci coûtaient cher, même avec l'aide de l'hôpital public. 
Et il y avait aussi Mma Makutsi elle-même, qui avait dû subvenir seule à ses besoins durant ses études à l'Institut de secrétariat du Botswana. Tous les jours, à l'aube, avant les cours, elle allait faire le ménage dans un hôtel. Cela n'avait pas dû être facile de se lever à quatre heures du matin, même l'hiver, lorsque les cieux étaient violemment vides (c'était ainsi qu'elle-même formulait les choses) du fait du froid, et le sol, dur sous les pieds. Toutefois, elle avait fait attention, économisé chaque thebe gagné et à présent, enfin, elle jouissait d'un certain niveau de confort avec sa maison (ou plutôt, sa moitié de maison, pour être précis), ses chaussures vertes à doublure bleu ciel et, bien sûr, son nouveau fiancé...


In : 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, d' Alexander McCall Smith 2007

Entretien avec des jeunes filles

 Dans le foyer, j'ai rencontré sept des camarades de classe d'Amanda et de Sophie. La directrice et moi avions pris place au milieu de la pièce, en face des filles assises en demi-cercle.
- Amanda..., a commencé Reilly Moore. Ben, c'est Amanda, quoi. Vous voyez ?
- Non, justement, je ne vois pas, ai-je répliqué. Gloussements.
- Ben, elle est trop, quoi.
Roulements d'yeux. Nouveaux gloussements.
- Ah, d'accord ! « Elle est trop, quoi. » Ça y est, j'ai compris.
Regards vides. Pas de gloussements.
- Ben ouais, elle écoute quand on lui parle, c'est sûr, a expliqué Brooklyn Donne. Mais si on attend qu'elle balance des trucs sur elle - comme, je sais pas, moi, pour qui elle craque ou quelles applis elle a sur son iPad -, ben, on peut attendre longtemps...
Sa voisine, Coral ou Crystal, a fait les gros yeux.
- Genre, ça arrivera jamais.
- Jamais, quoi, a renchéri une autre.
Une précision saluée par un hochement de tête col¬lectif.
- Et sa copine Sophie ? ai-je demandé.
- Yeurk !
- Trop ringarde !
- Cette nana, c'est Jeveuxgravedevenirquelqu'un¬point-com.
- Nan, point-org...
- Ouais, sûr.
- J'ai entendu dire qu'elle voulait te rentrer comme amie sur Facebook.
- Yeurk.
- Ouais, sûr.
Après la naissance de ma fille, j'avais caressé l'idée d'acheter un fusil pour décourager tout éventuel prétendant qui se pointerait chez nous d'ici à une quinzaine d'années. Mais ce jour-là, alors que j'écoutais ces gamines en imaginant Gabby s'exprimer un jour comme elles, débiter les mêmes banalités avec le même vocabulaire limité, je me suis demandé si je ne ferais pas mieux de l'acheter tout de suite pour me griller la cervelle.
Nous avions derrière nous à peu près cinq mille ans de civilisation, vingt siècles au moins s'étaient écoulés depuis la création de la bibliothèque d'Alexandrie et une bonne centaine d'années depuis l'invention de l'avion, nous disposions aujourd'hui d'ordinateurs de poche permettant d'accéder à toutes les richesses intellectuelles du globe , mais, à en juger par la conversation des filles réunies dans cette pièce, la seule avancée notable que nous avions faite depuis l'invention du feu, c'était la transformation de « quoi » et « trop » en mots fourre-tout servant aussi bien de verbe que de nom ou d'article, voire de phrase entière au besoin.
- Si je comprends bien, aucune de vous n'était proche d'elles ?
Sept regards vides.
- D'accord, je considère que c'est non.
Silence interminable seulement troublé par les bruits accompagnant leurs changements de position.
- Hé, vous vous rappelez ce mec ? a soudain lancé Brooklyn. Celui qui ressemblait un peu à Joe Jonas, vous voyez ?
- Ah ouais, il est trop beau.
- Qui, le mec ?
- Nan, Joe Jonas, crétine.
- Moi je le trouvais zarbi.
- Ah ouais ?
- Ouais.
Je me suis concentré sur celle qui avait abordé le sujet.
- Ce mec... c'était le petit copain d'Amanda ?
Brooklyn a haussé les épaules.
- Je sais pas.
- Qu'est-ce que tu sais, alors ?
La question a paru la contrarier. Mais bon, même la lumière du soleil devait la contrarier.
- Ben, je sais pas, c'est juste que je l'ai vue avec un mec un jour, à South Shore.
- South Shore Plaza, c'est ça ? Le centre commercial ?
- Ben ouais. (Elle m'a gratifié d'un regard appuyé comme pour mieux me faire sentir toute l'absurdité de ma question.) Évidemment.
- Donc, t'étais au centre commercial et...
- Ouais, y avait moi, et aussi Tisha et Reilly. (Elle a indiqué deux autres filles.) Ils sortaient de chez Diesel quand on est tombées sur eux. Mais ils avaient rien acheté.
- Ah.
Elle s'est absorbée dans la contemplation de ses ongles, puis elle a croisé les jambes en poussant un profond soupir.
- Rien d'autre ? ai-je lancé à la cantonade.
Aucune réaction. Même pas de regards vides. Elles avaient toutes décidé d'examiner leurs ongles, leurs chaussures ou leur reflet dans les vitres.
- Bon, eh bien, merci, mesdemoiselles. Vous m'avez beaucoup aidé.
- Si vous le dites, ont répondu deux d'entre elles. 

In : Moonlight Mile / Dennis Lehane . trad. Isabelle Maillet/ Rivages-Thriller

2011/03/30

VALFREJUS,


Des sites touristiques à proximité de Valfrejus

1  Fortifications de l'Esseillon   
F - L'Esseillon
Distance : 8 km
Adresse
F - L'Esseillon
Téléphone
04 79 20 30 80
Commentaires
Le verrou de l‘Esseillon est surmonté d‘un ensemble de cinq forts élevés par la monarchie sarde de 1817 à 1834 pour défendre le passage du Mont-Cenis contre une éventuelle invasion française. Chacun porte le prénom d‘un membre de la maison de Savoie. Restauré et classé, le fort Marie-Christine marque le point culminant des fortifications. Le plus important est le fort Victor-Emmanuel, progressivement restauré. Sur la rive gauche de l‘Arc se dresse la redoute Marie-Thérèse, reliée à l‘ensemble par l‘impressionnant pont du Diable.

2  Monolithe de Sardières   
F - 73500 Sardières
Distance : 12 km
Adresse
F - 73500 Sardières
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Cette aiguille rocheuse de Cargneule, haute de 83 m, est complètement isolée dans un agréable sous-bois de sapins, à la limite Sud du Parc de la Vanoise.

3  Cime de Caron   
F - 73340 Val-Thorens
Distance : 12 km
F - 73340 Val-Thorens
Téléphone
04 79 00 08 08
E-mail
Site
Commentaires
Du haut de la cime de Caron, on pourra admirer l‘un des plus beaux panoramas des Alpes. D‘ici sont visibles le Mont-Blanc, la Vanoise, le Queyras, le Thabor et les Ecrins.

4  Glacier de Péclet   
F - 73440 Val-Thorens
Adresse
F - 73440 Val-Thorens
Téléphone
04 79 00 08 08
Commentaires
Le glacier de Péclet et la cime Caron font partie de ce paysage d‘altitude, tout comme les massifs des Grandes Rousses et de Belledonne. En été, possibilité d‘accéder par le biais du télésiège des 3300, à un belvédère d‘où l‘on jouit d‘un somptueux panorama sur le Mont-Blanc et la Vanoise.



5  Massif de la Vanoise   
F - 73150 Val-d'Isère
Distance : 14 km
Adresse
F - 73150 Val-d'Isère
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Occupant près du tiers de la Savoie, ce massif s‘étend entre les vallées de l‘Isère au Nord et de l‘Arc au Sud. Véritable paradis du skieur, du randonneur et de l‘alpiniste, la « zone centrale » du Parc national, créé en 1963, combine tous les genres sur ses 53 000 ha. A la périphérie, pas moins de 1 000 km de pistes skiables vous attendent (Espace Killy, les Trois Vallées...). Tout cela dans des paysages grandioses où poussent quelque 1 000 espèces de fleurs et où gambadent, entre autres, bouquetins, chamois et marmottes...

6  Lac Blanc   
F - 73710 Pralognan-la-Vanoise
Distance : 15 km
Adresse
F - 73710 Pralognan-la-Vanoise
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Cette excursion assez longue est exceptionnelle. La dent Parrachée, toujours enneigée, vient se refléter dans les eaux du lac Blanc, l‘un des plus beaux de la Vanoise. Plus haut, on admirera l‘aiguille de Polset, le glacier de Gébroulaz, le col de Chavière, la pointe de l‘Échelle ainsi que le glacier du Génepy.


7  Col du Télégraphe   
D 902 F - 73140 Saint-Michel-de-Maurienne
Distance : 17 km
A une altitude de 1 566 m, il vous ménagera (si vous grimpez sur le piton rocailleux) une vue plongeante sur la vallée de l'Arc.


8  Mont de la Chambre   
F - 73440 Les Menuires
Distance : 17 km
À 2850 m d'altitude, le mont de la Chambre propose un beau panorama sur le massif du Mont-Blanc, la vallée de Méribel, les glaciers de la Vanoise, ceu..



9  Vallée de la Clarée   
F - 05
Distance : 18 km
Qui résisterait aux charmes de la plus séduisante vallée du Briançonnais ? Comme ses versants ne se prêtent pas aux remontées mécaniques, elle est res..



10  Mont du Vallon   
F - 73 Meribel
Distance : 18 km
Situé à 2952 m, le mont du Vallon permet d'observer la vallée de Belleville et, au second plan, les aiguilles d'Arves et le massif des Grandes-Rousses..



11  Route du Galibier   
Adresse
Route du Galibier F - 73450 Valloire
Site
Commentaires
Cette route, la plus célèbre des Alpes françaises avec celle du col de l’Iseran, relie la Maurienne au Briançonnais. Une sévère montée, offrant des vues sur la Maurienne, conduit du fond de la vallée de l’Arc à la vallée affluente « suspendue » de la Valloirette. Au col du Galibier, s‘offre un magnifique panorama circulaire ponctué, côté nord, par les aiguilles d’Arves et le mont Thabor ; côté sud, par les monts du Briançonnais mais surtout par les glaciers et les cimes neigeuses (barre des Écrins, Meije) du massif des Écrins.


12  Plan de Tueda   
D 90 F - 73550 Méribel
Distance : 20 km
Egalement appelé arolle, le pin cembro, qui peut vivre pendant 600 ans, constitue l'essence principale de forêt de la Réserve naturelle de Tueda, qui ..


13  Petit Mont Blanc   
F - 73120 Courchevel
Distance : 20 km
C'est par le col de Saulces que l'on accède au Petit Mont Blanc (2 677 m). Ce dernier offre un superbe panorama sur la vallée de Pralognan où se dis..


14  Les lacs Merlet   
F - 73120 Courchevel
Distance : 21 km
En partant du mont Bel-Air, l'ascension vers les lacs Merlet ne décevra personne. Ici, c'est un peu de magie qui anime ce merveilleux cadre au pied ..


15  Route du lac du Mont-Cenis   
F - 73480 Lanslebourg-Mont-Cenis
Distance : 22 km
A deux pas de la frontière franco-italienne, cette route mulitplie les points de vue : sur les glaciers de la Vanoise, sur les sommets de la Grande Tu..